Mon conseil minceur avant l’été ?

Les publications sur ce blog étant inversement proportionnelles à la quantité de travail à fournir ici, il est facile de deviner que les quatre derniers mois ont été particulièrement intenses. Alors, marronnier de printemps, pour perdre les kilos dits superflus avant de les montrer sur les plages, pratiquez le fractionné : tous les jours, huit heures de course de fond régulièrement interrompue de sprints, sans préjudice pour le levage de fonte, les gainages, extensions, torsions et autres alternances de station bipède et de prosternations. Ayant donné notre dédite à Malagorse pour le premier avril (certains jugeaient qu’il s’agissait d’une blague), il nous a fallu faire en sorte que le chantier soit habitable à cette date, soit : terminer autant que possible la pièce centrale, cuisine et séjour, et déployer ce qui devait l’être, électricité, plomberie et ventilation.

Encore fallait-il donc qu’il y ait des pièces. Janvier, ossature des cloisons, ici la partie ouest, chambres des filles avec, au milieu, le futur placard familial, alias le gourbi :

Ayant posé l’ossature du faux plafond du séjour, une belle lutte en soi, début d’une autre, contre la « pieuvre » (le réseau électrique précâblé et son tableau).

Un visage de la méduse :

Les cloisons, ça sert à faire des pièces, mais aussi à dissimuler la misère technologique que recèlent nos maisons : gaines électriques, d’adduction d’eau et de VMC. Ceux qui connaissent le Brasil de Terry Gilliam voient comme ces gaines peuvent se montrer quasi vivantes et récalcitrer.

Première fermeture des cloisons et du plafond, en plaques de plâtre dans le séjour et la salle de bains, avec Christian P. L’invasion des tuyaux semble provisoirement endiguée. Dans la salle de bains, l’œuvre de Christian G. (et peu la mienne et celle de Julien) : les nourrices d’eau froide et chaude, cette dernière restant du domaine du fantasme à l’heure qu’il est.

La pose des placos n’est pas une partie de plaisir, mais le joint entre eux est un calvaire pour le débutant. Matthieu, notre charpentier revenu sur le toit pour poser les bandeaux de zinc, m’a montré son geste, que j’ai fini par trouver, aussi en suivant l’exemple d’Amélie venue prêter main-forte. Par contre, l’enduit est un régal à poser, avec le tutoriel d’Arnaud puis l’aide de Christian P. et Jacqueline.

Interlude, le test d’étanchéité réalisé par le cabinet d’études thermique. La « porte soufflante » met l’intérieur de la maison en dépression et permet de calculer tout un tas de paramètres aussi limpides les uns que les autres. Un premier test donnait déjà un bon résultat pour remplir les critères de la réglementation thermique, ou RT 2012. Avec le technicien, la maison toujours sous vide, nous avons repéré et réparé toutes les microfuites. Après quoi, nous avons rempli haut-la-main les critères du passif. Le technicien n’avait jamais « fait » mieux.

Sautons quelques étapes, déjà mars, le plafond à peindre (on comprend mieux pourquoi c’est un fou qui le repeint), le travertin à poser et imperméabiliser pour recevoir le poêle, enfin le parquet, avec l’aide de Sébastien pour démarrer droit. À ce stade, on est bien content de faire quelque chose d’enfin à peu près beau.

Il était temps. Ces deux photos datent du 27 mars, déménagement prévu le 29. Je passe les travaux du côté de l’ancienne maison, les cartons, le ménage dedans dehors, les coups de peinture, enfin le ravalement de façade du jardin, nos propriétaires n’ayant pas exactement le même sens de la jungle que nous. Là, il fallait le savoir-faire et l’efficacité de professionnels : Éléonore et Matthieu en plus de Mélanie (moi, je me la coulais douce au Fraysse).

Une belle journée de printemps, une trentaine d’amis venus nous aider, en quelques heures la maison de Malagorse était vide et celle du Fraysse pleine. Après quelques jours de rangement, apparaît quelque chose comme une cuisine. L’établi est très tendance, vous verrez ça dans Maison et travaux dans quelques années.

Pour utiliser ladite cuisine, il faut avoir à manger. Pour avoir à manger, il faut un jardin : les prémices avec deux bacs de pierres sèches.

La méduse enfin totalement maîtrisée : la VMC a pris forme humaine dans le plafond des toilettes.

Le campement s’organise ; nous arrivons à libérer des matériaux et outils la future chambre de Louise pour y loger les deux filles — campement, mais à baldaquin. Le gourbi sert d’atelier ; la future chambre de Lilas sert d’entrepôt, garde-meuble, garde-cartons et garde-manger.

La terrasse devient urgente, d’abord parce qu’on voudrait bien la tester, mais aussi pour travailler sans trop salir l’intérieur. Les lames de douglas, brutes de sciage, avec tout de même un quart de rond sur le dessus, en cours de pose avec Mel. Le chat approuve.

Ce qui a permis, toujours avec Mel, de couper encore du bois pour le salon : du peuplier raboté bouveté d’une autre scierie. Très beau, changeant, moiré.

Même chose hier au plafond de notre chambre. Aujourd’hui, enfin, la pluie interdit tous travaux.

Le futur a été le maître-temps de ce projet pendant des années, puis de ce chantier pendant des mois — le feront-ils ? Les derniers jours avant le premier avril, c’est devenu le futur antérieur — ils l’auront fait… Maintenant, place au passé composé : ils l’ont fait, et au présent : nous y sommes. Habiter.

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